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Série : « Les Bracelets Rouges », plongée dans les mondes de l’adolescence et de l’hôpital

« Les Bracelets Rouges » est une série française racontant le quotidien de plusieurs adolescents au sein d’un établissement hospitalier. Si le concept est original voire audacieux, le résultat n’est pourtant pas exempt de tout défaut…

Les Bracelets Rouges est une série produite par TF1, adaptée du programme espagnol Polseres vermelles. La première saison a été diffusée en février dernier. On y retrouve de visages connus (Michael Youn, Cristiana Reali) mais surtout de jeunes acteurs peu ou pas connus comme Audran Cattin ou Esther Valding. Cette série a beaucoup fait parler d’elle et a souvent été encensée par les critiques.

On y voit évoluer six adolescents au sein de l’hôpital dans lequel ils se retrouvent pourr différentes raison : Thomas et Clément qui ont tous les deux un cancer et sont amputés d’une jambe, Roxane souffre d’anorexie, Sarah fait des crises cardiaques sans que le corps médical n’en trouve la raison, Medhi a été victime d’un accident de scooter et Côme est dans le coma suite à un accident de plongeon. Les parents sont aussi bien présents.Et comme dans tout hôpital, il y a bien sur tout le personnel médical.

Une série de clichés

La première choses qui m’a sauté aux yeux quand j’ai visionné les premiers épisodes sont les personnages qui sont de véritables clichés personnifiés. Nous avons les deux adolescents blancs et leur tête rasée, la jeune fille qui a des problèmes avec son poids, l’adolescent d’origine maghrébine qui est là suite à des bêtises en scooter et qui parle avec un florilège d’insultes à chaque phrase, l’adolescente issue d’une classe à priori assez aisée et qui est insupportable avec tout le monde…

Même chose du côté des parents : il y a les paysans qui font tout pour venir voir leur fils malgré la difficulté que cela représente pour eux, le père aisé divorcé qui passe tout son temps au téléphone pour son travail et qui est accompagnée par sa nouvelle jeune compagne ou encore le père célibataire qui essaie de gérer au mieux sa fille adorée. Alors bien sûr, ça montre une certaine diversité : il faut être réaliste, tout le monde peut être un jour confronté à l’hôpital. Mais n’est-ce pas dommage de tomber à ce point dans le cliché?

Une série agréable à voir

Une fois passé ce moment où j’ai pensé à arrêter là la série, j’ai pris le temps de regarder les six épisodes de la série. J’aurais aimé dire que je ne l’ai pas aimée parce que justement des clichés de cet ordre sont très rédhibitoires pour moi. Pourtant, j’ai été happée par cette série et je me suis attachée à ces personnages. Et j’ai passé de bons moments. La scénario est basé sur une histoire vraie, ce qui n’en pas douter donne du réalisme à l’histoire. J’ai beaucoup entendu dire que les réalisateurs n’étaient pas tombé dans le mélodrame courant avec ce genre de sujet, qu’il s’agissait avant tout d’une histoires d’adolescents qui se (re)construisent. Je suis mitigée par rapport à ce point.

Effectivement, on se rend très bien compte que ce sont des adolescents avant tout avec leurs histoires d’amours, leur manque de confiance en eux, leur envie de rire, leurs fêtes improvisés… Par contre, je trouve aussi qu l’aspect guimauve est bien présent, comme par exemple lorsqu’on voit les deux garçons avec leur jambe en moins accompagnés de la musique triste qui va bien.

Une grande variété de thématiques

Je trouve cela très bien qu’une série aborde ce sujet, aussi compliqué à traiter qu’il puisse être. J’ai discuté de cette série avec beaucoup de personnes et souvent la première réaction a été de parler de « ces pauvres enfants ». Cela montre exactement ce que je n’aime pas : cette série a eu beaucoup de succès car elle a utilisé la veine du sentimentalisme.

Alors bien sûr, il y a des moments drôles comme cette course en fauteuil roulant ou cette fête pour la jambe coupée.
Il y a des scènes émouvantes comme le premier baiser entre Roxane et Thomas. Des sujets importants sont évoqués comme le harcèlement scolaire illustré par le comportement de Sarah avec celui qu’elle appelle Pipi. On se rend aussi compte de l’importance du regard des autres, notamment dans l’explication de l’accident de Côme.

Et pourtant, elle me laisse un goût amer. Peut être parce qu’encore une fois, ces enfants hospitalisés, porteurs de handicap sont stigmatisés, mis à part. Il est d’ailleurs intéressant de voir qu’en France quand une série ou un film parle du handicap, il ne parle que de ça alors qu’aux USA par exemple, un personnage handicapé peut faire partie de l’histoire sans que son handicap soit le point central de l’intrigue. Et surtout, ce n’est pas parce qu’une série parle de handicap que l’on ne peut pas garder son œil critique et qu’elle est automatiquement formidable.

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A propos de Douce barbare

Je m’appelle Circé, mais mon nom de plume est Douce barbare. Ce nom exprime les contradictions qui font de moi ce que je suis. J'ai 33 ans, une sclérose en plaques et je me déplace en fauteuil roulant. Je suis éducatrice de jeunes enfants de formation, métier que j'ai dû arrêter suite à mes problèmes de santé. Je partage aujourd’hui ma vie entre la pratique de l’handi-escrime à haut niveau et l'écriture d'articles pour mon blog et Cover-Dressing.

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Un commentaire

  1. « On se bat tous pour tout ce qui nous manque . »
    Les bracelets rouges sur TF1..
    Bon ben… Pas mal !!!
    Un hôpitalt pluridisciplinaire,
    Tout plein d’ados plus ou moins cassés qui se tiennent chauds : un black grande gueule, une pisseuse insupportable mais, deux grands gamins rongés par le crabe et une toute belle anorexique.
    des parents inquiets, désemparés, brisés qui pataugent ….
    Le personnel , un peu en retrait sans figure marquante mais des silhouettes bien réelles.
    Enfin un petit bonhomme depuis si longtemps hors du temps, les yeux clos .
    Oui …c’est vrai , on peut trouver ça clicheton …
    Mais en tant qu’adepte des hostos et des centres de » remise en forme « , on peut les croiser ses clichetons.
    Et puis j’adore la fin …C’est pas drôle dirons certains ..Et alors ? Ras le bol des happy ends sucrées !!

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