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Rencontre avec Elhonna Sombreuille, créatrice de mode médiévale et fantastique

Photo : JG Normophobe

Marine Spreder, alias Elhonna Sombreuille, est une jeune créatrice de vêtements de style médiéval/fantastique habitant dans l’énigmatique région de Brocéliande. Ses vêtements, en plus d’être vegans, sont pour la plupart ergonomiques pour les personnes à mobilité réduite. Il n’en fallait pas davantage pour qu’on souhaite la rencontrer !

Cover Dressing : Bonjour Marine. Alors, peux-tu nous expliquer ton travail ?

Elhonna Sombrefeuille : Je couds depuis cinq ans en autodidacte et je suis à mon compte depuis un an. Je réalise tout dans la conception. Je dessine les croquis, je colorise, je fais les patrons et choisis les matières. Dès le début, j’ai voulu que mes fringues soient vegans. C’est la raison pour laquelle j’utilise de la polaire, qui est produite à partir de bouteilles plastiques recyclées. Ce textile est souple, doux, chaud, léger et facilement lavable. De plus, il est quasiment indéchirable.   Je tenterai également de sortir quelques modèles en coton prochainement. Mes vêtements sont unisexes, volontairement droits. En plus de la conception, je m’occupe de la vente, du démarchage et de la comptabilité. Financièrement, je n’ai pas de grosses envies. Je souhaiterais en tirer un SMIC.

CD : Pourquoi focalises-tu ton travail sur ce style vestimentaire particulier, qu’est le médiéval/fantastique ?

ES : C’est un public de niche qui est intéressé par ce style. Ainsi, lorsque je cherchais des vêtements de ce style en tant que cliente, je rencontrais des difficultés à trouver des pièces en boutique qui soient à la fois abordables et éthiques.  J’ai donc commencé par créer une veste ainsi que des mitaines assorties. Cela a plu et j’ai commencé à avoir des demandes. Ensuite, j’ai créé une jupe et ainsi de suite. Afin de vendre dans un cadre légal, j’ai créé mon entreprise. Je puise mon inspiration dans ma culture personnelle, c’est-à-dire l’univers de J. R. R. Tolkien, les jeux de rôle, les festivals médiévaux. Je suis passionnée par ce monde de magie.

CD : Quel rapport as-tu avec la mode ?

ES : Je n’ai pas un rapport passionnel avec la mode. Je couds peu de vêtements pour moi. J’achète très rarement des fringues neuves et je fréquente les friperies.  Avant d’être esthétiques, les vêtements que je porte doivent être avant tout pratiques et confortables.

CD : Penses-tu que les vêtements peuvent constitués un facteur d’inclusion sociale ?

ES : Certainement. Par exemple, j’ai eu une période gothique et il est vrai que tu ne peux pas être un vrai gothique si tu es en jean. Pour appartenir à un groupe, malheureusement, tu dois t’habiller comme les autres membres de ce groupe.

CD : As-tu déjà entendu parler de la mode adaptée ? Si oui, qu’en penses-tu ?

ES : Je ne connais pas la mode adaptée mais il doit y avoir un côté stigmatisant, avec des choix restreints. C’est dommage pour quelque chose d’aussi important que l’apparence. Cependant, les vêtements adaptés peuvent être pratiques et peuvent faciliter la vie, notamment pour les moments où l’on est chez soi. Par exemple, mon beau-père est en fauteuil roulant et il aime s’habiller comme tout le monde.

CD : As-tu eu l’occasion de vendre certains de tes vêtements à des personnes à mobilité réduite ?

ES : Je n’ai pas encore vendu directement à des personnes en situation de handicap. À l’occasion d’un festival médiéval/fantastique en Belgique, j’ai fait en sorte que mon stand soit large. Des personnes en situation de handicap sont venues regarder et j’ai eu de bons retours sur la douceur et le côté pratique de certains vêtements. C’était la première fois que des personnes en situation de handicap venaient à mon stand. Je fais donc attention maintenant lorsque j’aménage mon stand.

Séance d’essayage avec Elhonna Sombreuille et Lydie Raër

CD : D’un point de vue pratique, combien coûtent globalement tes vêtements et as-tu un périmètre de livraison ?

ES : Je vends par exemple des bourses qui ont un prix inférieur à 20 euros (12 euros pour être exacte). Il s’agit d’un produit d’appel que je réalise avec des chutes de tissus. Pour les autres pièces, je me tire un bénéfice réduit afin que cela reste abordable. Les prix vont de de 40 euros pour des guêtres à 120 euros pour une cape longue. Sinon, je livre dans le monde entier. Ainsi, 60% de ma clientèle vient des États-Unis (via le site Internet Etsy).

Petit focus sur des vêtements ergonomiques

La cape courte lutine

La capeline courte peut correspondre à tous les profils car il faut juste la poser sur les épaules.

Les guêtres

Les guêtres, qui se nouent derrière, nécessitent de l’aide. Elles ont pour avantage de tenir chaud et de protéger les chaussures de la pluie.

La cape longue

La cape longue est facile à enfiler mais à éviter lorsque l’on est en fauteuil roulant (du fait de sa longueur!).

La jupe

La jupe, qui s’enfile en tirant dessus nécessite de la force dans les bras. Cependant, elle est agréable à porter pour les personnes se déplaçant en fauteuil roulant car il n’y a pas de fermeture éclair et de boutons.

La veste

La fermeture Éclair facilite l’enfilage. Néanmoins la capuche, qui est relativement longue, peut gêner les personnes en fauteuil roulant en créant du volume entre le dos et le dossier du fauteuil.

Pour ma part, j’ai craqué pour la cape courte et je pense en commander une dans quelques mois. En effet, sa coupe courte allonge la silhouette des personnes de petite taille (ce qui est mon cas).

Si vous souhaitez obtenir plus d’informations sur les créations d’Elhonna Sombrefeuille, vous pouvez consulter son site Internet.

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A propos de Lydie Raer

Lydie Raër a 22 ans. Elle est étudiante en droit de la santé. Lydie est atteinte d’ostéogénèse imparfaite, plus communément appelée « maladie des os de verre ». Elle dit n’avoir jamais été freinée par sa pathologie. Ainsi, vit-elle de manière totalement autonome (elle va à la fac, elle a passé son permis, elle fait de la natation, de la musique, elle a une vie sociale, affective et sexuelle qui lui convient parfaitement). Néanmoins, plus Lydie avance en âge plus elle constate que beaucoup de personnes véhiculent un nombre incommensurable de préjugés à l’égard des personnes en situation de handicap, notamment en ce qui concerne leur vie affective et sexuelle. Ainsi, selon un sondage réalisé par l’IFOP en 2006, 61% des personnes interrogées pensent que les personnes handicapées n’ont pas de vie sexuelle. Mieux encore, 87% des Français interrogés pensent que vivre en couple avec une personne en situation de handicap nécessite du courage. C’est la raison pour laquelle Lydie Raër a décidé de créer un blog en février dernier, dénommé « porte-jarretelles & wheelchair » où elle évoque des anecdotes plus ou moins cocasses, et relatives à la sexualité notamment. En effet, la sexualité des femmes est déjà un sujet tabou. Alors la sexualité des femmes en situation de handicap…n’en parlons pas !

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