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Lu Ailleurs : Que valent les représentations de l’autisme à la télévision ?

Photo : The Big Bang Theory

Dans un article sur son blog apparenté au Club Médiapart, Jean Vinçot (membre de l’association Asperensa) reprend et traduit les interrogations d’Alison Singer (présidente d’Autism Science Foundation) sur les représentations télévisuelles de l’autisme. 

Cet article fait suite, comme le rappelle Jean Vinçot, à la mise en ligne sur Netflix d’une nouvelle série centrée sur l’autisme qui a beaucoup fait parler d’elle : Atypical (dont nous vous parlions ici). Sans remettre en question les qualités scénaristiques d’Atypical et consorts, il souligne pourtant un point important concernant la représentation de l’autisme dans les séries télé, de manière générale :

Dans aucune de ces séries TV, les personnages autistes n’ont besoin d’un accompagnement professionnel (encore que Sam rencontre régulièrement sa psychologue).

Il est vrai que la conscience de son fonctionnement, les explications de l’entourage et des aménagements de l’environnement peuvent, pour une partie de ceux qui sont dans le « haut » du spectre du trouble de l’autisme, être suffisants la plupart du temps. Il ne faut pas pour autant négliger le besoin d’aide (critère du Trouble du spectre de l’autisme niveau 1) et les besoins plus importants en fonction du niveau/degré à établir par les professionnels.

Alison Singer, auteure de l’article traduit, appuie sur le fait que l’autisme présenté dans « Atypical », « The Good Doctor » ou même « The Big Bang Theory » ne reflète pas la réalité de ce qu’est le trouble autistique. Elle en donne seulement une représentation plus ou moins édulcorée, se focalisant uniquement sur des personnages autistes à haut niveau de fonctionnement :

Pour le public qui regarde la télévision, l’autisme est devenu synonyme de l’extrémité verbale, plus qualifiée et savante du spectre, parce que les individus à cette fin font des personnages intéressants.

Pour leur défense, aucune de ces séries ne prétend représenter les troubles autistiques dans leur globalité. Le problème, c’est que pris dans leur ensemble, les personnages autistes peuvent induire les « neurotypiques » en erreur sur ce qu’est la réalité du quotidien d’une personne autiste :

Et dans « The Big Bang Theory », une comédie très populaire qui a été diffusée pendant 10 ans, l’un des personnages principaux, Sheldon, est un génie scientifique avec des tendances similaires au syndrome d’Asperger. Mais contrairement à de nombreux adultes atteints d’autisme, Sheldon vit avec ses amis et est fiancé. Son habitude de frapper trois fois sur la porte de son voisin Penny est considérée comme mignonne et attachante; Dans la vraie vie, les stéréotypes que de nombreux adultes atteints d’autisme ont sont autodestructeurs et carrément dangereux.

Sur les écrans, il est bien sûr plus facile de mettre en scène un personnage gentiment loufoque dont les maladresses provoqueront l’attachement. Mais la réalité de l’autisme est plus sombre et plus hétérogène que ces représentations simplistes. Alison Singer plaide pour une meilleure prise en compte de cette diversité :

Nous devons commencer à voir des personnages à la télévision et dans les films qui reflètent l’ampleur des expériences des autistes – pas seulement le chirurgien brillant, mais l’enfant qui se frappe la tête sur le sol si fort et si souvent que sa rétine se détache; et pas seulement le lycéen qui se démène aujourd’hui, mais celui qui est tellement fasciné par la couleur jaune qu’il reste seul à la maison à regarder « SpongeBob SquarePants » toute la journée. Sinon, les personnes qui sont très contestées et luttent tous les jours risquent de devenir invisibles.

Pour que la mise en lumière de l’autisme à la télévision comme au cinéma soit réellement profitable à tous, il serait impératif de montrer le spectre autistique dans ce qu’il a de plus réaliste… et donc aussi de plus dérangeant. Il s’agit, encore une fois, d’un choix de société : voulons-nous et sommes-nous capables de regarder la réalité en face ?

Si oui, comment peut-on représenter l’autisme dans sa pluralité dans un récit télévisé sans verser dans un programme dédié qui risque de s’isoler dans la case « handicap » et de décourager ainsi une partie de son public ? La balle est dans le camp des scénaristes.

Lire l’article dans son intégralité ici

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Un commentaire

  1. Intéressant. Cela dit, les séries télé n’ont pas vocation à faire office de documentaire..mais uniquement de fiction (encore que, les séries-docus commencent à pointer le bout de son nez)
    Ce sont surement des choix scénaristiques qui freinent ce besoin de montrer la réalité de tous les jours. Est-ce blâmable ?
    Il y a à peine 15/20 ans, le handicap n’était quasiment pas représenté dans le paysage audiovisuel, laissons le temps faire les choses, non ?

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