Accueil / Shopping / Bien à porter / Interview : Lydie, ambassadrice shopping du Bien à Porter

Interview : Lydie, ambassadrice shopping du Bien à Porter

Photo : Christophe Lecrenais

Blogueuse et auteure régulière pour Cover Dressing, Lydie est actuellement en service civique auprès de l’association. Et sa mission principale n’est pas des moindres : il s’agit fédérer la communauté d’ambassadeurs shopping du réseau social Bien à Porter, dont elle fait évidemment partie. 

Cover Dressing : Salut Lydie ! Alors, présente toi un peu, qui es-tu ?

Je m’appelle Lydie, j’ai 25 ans, je vis à Rennes et j’ai un master 2 en droit de la santé. En ce moment, je suis en service civique pour Cover mais à la rentrée prochaine, je quitte la Bretagne pour suivre mon copain enseignant dans l’Essonne et trouver un job dans le secteur social. Et sinon, je suis une grande fan de tribal fusion : c’est une danse encore méconnue en France qui mélange le flamenco, la danse indienne, la danse du ventre… C’est génial ! Si vous voulez aller voir, tapez « Rachel Brice » sur Youtube, c’est fascinant.

A côté de ça, tu tiens le blog Porte-jarretelles et wheelchair, dans lequel tu racontes tes anecdotes du quotidien avec humour. Comment t’es venue cette idée ?

A vrai dire, j’ai toujours aimé écrire, et j’ai, comme beaucoup de gens nés dans les années 90, tenu un skyblog (rires). De là, je suivais pas mal de blogs, notamment celui d’une nana parisienne et myopathe qui racontait son quotidien. Et j’ai eu envie de faire la même chose, avec un côté militant et humoristique.

Comment as-tu découvert Cover Dressing ?

Via Mathieu Mienne, le vice-président de l’association. Il m’a demandé si je voulais bien rédiger quelques petits articles pour le blog, et j’ai dit oui. Après ça, j’ai été contactée par Muriel Robine plusieurs fois, et depuis, je suis en service civique en télétravail pour l’association où je suis chargée de créer une communauté d’ambassadeurs shopping.

Et ça veut dire quoi pour toi être ambassadrice shopping ?

Ça me permet de soutenir la démarche, qui est à mon sens très importante : on pourrait se dire que l’association défend quelque chose de futile – à savoir la mode – mais dans un monde malheureusement régi par le paraître, l’habillement est un critère essentiel : pour preuve, c’est beaucoup moins facile de trouver un job quand on est mal habillé. Avec l’association, on se sent inclus dans la société, on est reconnu comme des individus à part entière, et ça fait du bien. C’est aussi une bonne façon de se partager nos bons plans et de favoriser l’entraide entre nous.

D’ailleurs, tu aimes le shopping ?

Oui, peut-être un peu trop (rires). J’aime bien les belles choses, du coup j’ai parfois été très dépensière en matière de fringues… Mais depuis que je suis quasiment vegan, j’essaye de faire plus attention, de me restreindre au nécessaire et de faire des choix éthiques. Là je sais que je dois aller m’acheter des chaussures parce que les miennes sont usées, et ça me fait super plaisir ! (rires)

C’est quoi la première chose que tu regardes dans un vêtement ?

Moi c’est le coup de coeur ! Je fonctionne au feeling. Ensuite, je regarde tout l’aspect pratique, la taille – je fais du 34 en pantalon, ce qui n’est pas la taille la plus simple à dénicher – et ensuite c’est le budget.

Tu penses quoi de la mode adaptée ?

(réfléchit) Comment dire ? Disons qu’à mes yeux, c’est surtout des gens qui ont réussi à se faire beaucoup d’argent sur le dos du handicap. La dernière fois, je suis allée au salon Autonomic (un salon dédié au Handicap qui présente toutes les innovations dans le domaine, ndlr) avec la ferme intention d’acheter des mitaines, question de confort quand on est en fauteuil. Le prix des mitaines, c’est affligeant : entre 40 et 50€ la paire, sachant qu’elles durent quasiment aussi longtemps que des mitaines de cyclisme. Non et puis, ce n’est pas forcément beau et ce n’est pas accessible à tous… C’est vraiment pour des besoins très spécifiques, encore que, j’ai déjà vu des couturières faire des reprises de vêtements pour les adapter aux handis, et ça je préfère largement. Je n’en vois pas trop l’intérêt pour être honnête…

Et concernant ton handicap, est-ce que les vendeurs se montrent compréhensifs avec toi, ou au contraire ils peuvent se montrer indélicats ?

En fait, ça dépend : dans la grande majorité des cas, ça se passe très bien, les gens sont patients et viennent te proposer leur aide. Mais je me souviens d’une mésaventure assez gênante. J’étais chez Etam avec une amie, et je voulais aller voir la lingerie : c’était au premier étage et il n’y avait pas d’ascenseur, ça commençait bien. Comme je marche un petit peu, on a laissé le fauteuil en bas et on a entrepris d’escalader les escaliers, tout le monde nous regardait c’était génial. Heureusement, j’ai trouvé quelque chose qui me plaisait. Mais une fois en caisse, la vendeuse s’est adressée directement à ma copine alors que j’étais juste à côté, et que ça se voyait plutôt bien qu’on avait pas la même taille de soutif… (rires). J’en rigole maintenant mais sur le moment c’était gênant. Heureusement, à Rennes il y a beaucoup de fauteuils alors les vendeurs sont habitués et s’adaptent, même s’il y a clairement un manque de formation à ce niveau-là. A mon sens, la sensibilisation devrait commencer dès l’école.

Quelle est la pièce préférée de ton dressing ?

Un perfecto en faux-cuir. C’est une pièce rock’n roll, pratique à enfiler, qui se porte avec tout. Il a la taille centrée, et c’est ce que je préfère : ça me permet d’allonger ma silhouette. Bon là faut que j’aille le faire réparer parce qu’il est tout usé à cause du fauteuil, mais je l’adore !

Enfin, tu dirais quoi aux personnes qui hésitent à s’inscrire, qui ont un peu peur ?

Je leur dirai qu’il faut aussi penser au collectif : rester seul ne fera pas avancer les choses. Il faut qu’on puisse montrer aux marques qu’il y a un réel besoin, et donc s’unir, créer cette communauté et faire preuve de solidarité entre nous. Après tout, notre handicap est là, et qu’on l’assume ou pas, il ne s’en ira pas comme ça, voire jamais pour certains. Il faut en faire une force : dans un reportage consacré au handi-sport, certains disaient que leur accident était la plus belle chose qui leur soit arrivé. Et je les rejoins : quand on a compris que c’était notre force, on avance plus sereinement.

Recevez les derniers articles chaque semaine !

A propos de Mathilde COLLETER

Du même auteur

« Comme sur des roulettes », l’histoire feel good d’Adda Abdelli

On connaissait Adda Abdelli acteur et scénariste, le voilà également auteur. Après avoir tombé la …

julien-planchon-ambassadeur-cover-dressing-bien-a-porter

Interview : Julien, ambassadeur shopping du Bien à Porter

Le réseau social Bien à Porter lancé récemment par Cover Dressing s’appuie une communauté d’ambassadeurs shopping …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *