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Interview : Cécile, ambassadrice shopping du Bien à Porter

Photo : Cécile par JG Normophobe

Ambassadrice shopping du réseau social Bien à Porter, Cécile s’habille assise et parfois à deux. Dans une interview à 3 voix, Cécile, sa mère Annie (aidante et également ambassadrice shopping) et sa cousine Nicole nous parlent du rapport à la mode de la jeune femme et de son engagement au sein de Cover-Dressing.

Cover Dressing : Bonjour Mesdames ! Alors, présentez vous un peu à Cover !

Cécile : Je suis Cécile, j’ai 25 ans, et j’aime beaucoup de choses dans la vie, comme aller me promener, la musique, mes proches… Et surtout faire les magasins !

Annie : Alors moi c’est Annie, la maman de Cécile, j’ai 59 ans, et j’adore la marche à pied, les voyages, et prendre l’apéro, mais je ne sais pas trop si ça se dit en interview… (rires)

Nicole : Moi je suis Nicole, la cousine d’Annie, et je suis surtout là en tant que spectatrice ! (rires)

CD : Comment avez-vous découvert l’association et le label bien à porter ?

A : C’est une longue histoire… Cécile était au lycée de Fécamp, et un jour, on l’a contactée pour venir faire un défilé pour l’association les Habilleuses, qui propose une mode éthique et adaptée aux personnes handicapées. Et c’est là qu’on a rencontré Muriel… Après cela, Cécile a été recontactée par l’association…

C : C’était pour être mannequin ! (rires)

A : C’est vrai, je me souviens ! Aujourd’hui, Cécile teste toujours des vêtements pour Cover, et alimente le réseau avec de nouvelles photos.

C : J’ai été embauchée en 2016.

CD : Et sinon, question shopping, j’ai cru comprendre que tu adorais ça ?

C : (cri du cœur) Oui !

A : M’en parle pas… (rires) Elle en a toute une collection à la maison, c’est une vraie modeuse !

N : D’aussi longtemps que je me souvienne, Cécile a toujours été très coquette.

CD : Et pour toi, ça veut dire quoi être ambassadeur shopping ?

C : Pouvoir aider les autres qui sont en situation de handicap.

A : Être ambassadeur shopping, ça permet de montrer aux gens que l’on peut être handicapé et qu’on peut aussi être stylé, sans passer sa vie en survêtement. Quand elle était petite, Cécile était très souvent en survet parce qu’à l’école, elle travaillait en permanence sur son autonomie, et question pratique, le survet c’était quand même le plus simple à l’époque…

N : Moi je me souviens que je faisais beaucoup de couture pour que Cécile puisse avoir des vêtements qui lui plaisent, mais c’est vrai que la mode était exclue de ce monde-là. Je trouve qu’il y a quand même eu beaucoup de changements…

CD : C’est quoi le premier truc que tu regardes dans un vêtement ?

C : Il faut avant tout qu’il soit pratique et simple à mettre. Mais je regarde aussi s’il est beau !

A : Cécile sait exactement ce qu’elle veut : des vêtements pratiques à porter, mais dans l’air du temps.

CD : En parlant de mode, tu penses quoi de la mode adaptée ?

A : (réfléchit) C’est une bonne questio… Disons qu’esthétiquement parlant c’est pas l’idéal, mais si ça existe, c’est parce que des gens en ont besoin…

C : C’est ringard, pas moderne…

N : Il faut pas non plus cracher sur la soupe… Je pense que c’est vraiment pour les handicaps plus lourds, et comme le disait Annie, certaines personnes ne peuvent pas faire autrement.

CD : Et concernant ton handicap (Cécile est en fauteuil roulant et a des difficultés à s’exprimer, ndlr), est-ce que les vendeurs se montrent compréhensifs avec toi, ou au contraire ils peuvent se montrer indélicats ?

A : Pas trop de soucis de ce niveau là, c’est surtout que la plupart d’entre eux ne sont pas formés, et le label peut les aider à ça. Mais le véritable souci dans les magasins, ce sont les cabines d’essayage, toujours prises par les stocks. Une vraie galère !

CD : C’est quoi la pièce préférée de ton dressing ?

A : Encore faudrait-il qu’elle se souvienne de tout ce qu’elle a dedans… (rires)

C : J’aime bien mes petits pulls que j’ai acheté il n’y a pas longtemps…

A : Ceux de Camaïeu ? (Cécile acquiesce) Oui, c’est vrai qu’ils sont sympas, avec de jolies couleurs, leur côté un peu brillant… Et puis, ils sont tout doux, confortables et très simples à enfiler.

CD : Enfin, tu dirais quoi aux personnes qui hésitent à s’inscrire, qui ont un peu peur ?

C : Il ne faut pas s’enfermer dans sa bulle, et ne pas hésiter à demander des conseils, à parler.

A : Il faut se battre, c’est la clé. Si Cécile en est là aujourd’hui, c’est parce qu’elle a du caractère et qu’elle s’est battue, qu’elle n’a pas baissé les bras. Elle sert même de modèle à une petite de mon entourage, parce qu’elle a su prouver qu’on pouvait être handicapé et avoir une vie comme tout le monde.

N : Il ne faut surtout pas s’isoler… Alors pouvoir discuter, échanger avec une communauté, c’est très important.

C : Le handicap n’est pas une fin en soi… On avance, à notre rythme certes, mais on y arrive.

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