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Emploi et handicap : petit bilan du traitement médiatique de la SEEPH

Du 13 au 19 novembre dernier avait lieu la Semaine Européenne pour l’Emploi des Personnes Handicapées. Comment l’événement a-t-il été traité dans les médias ?

Approche économique ou approche individuelle ?

Sans surprise, il existe une différence de traitement notable entre médias nationaux et régionaux. La première, davantage tournée vers l’aspect institutionnel, donne la parole à des responsables d’organismes oeuvrant en faveur de l’inclusion (ADAPT, AGEFIPH, APF, etc.) ou à de chefs d’entreprises, et aborde le sujet sous un angle plus économique et politique (chiffres du chômage, réformes prévues). Ces articles sont souvent accompagnés de témoignages de salariés en situation de handicap.

Dans les médias régionaux, on se focalise avant tout sur l’individu, qu’il soit salarié ou chef d’entreprise. C’est à partir d’expériences personnelles, plus « humaines » qu’est abordée ensuite la question plus globale de l’emploi chez les personnes en situation de handicap.

Malgré quelques rares articles abordant le handicap « invisible », force est de constater que le fauteuil roulant est toujours le porte-étendard du handicap. Le handicap moteur est le plus représenté dans les médias, loin, très loin devant le handicap mental qui n’est que rarement évoqué.

Montrer l’humain pour cacher le manque des chiffres

Ce qui marque, lorsque l’on compare ce traitement à celui des questions liées à l’emploi chez la population globale, c’est l’absence de données chiffrées. Alors que chaque publication des chiffres du chômage par le Ministère du Travail donne lieu à une multitude d’infographies, graphiques et autres camemberts pour présenter l’état des lieux du marché de l’emploi, on ne trouve ici que très peu d’informations factuelles.

Le handicap et l’emploi sont abordés dans leur globalité. Sauf que l’un et l’autre regroupent une multitude de facteurs. On manque encore cruellement de données statistiques sur l’emploi en fonction, par exemple, du type de handicap, du type de contrat de travail, du domaine d’activité, du lieu d’habitation, de la catégorie socio-professionnelle, de l’âge ou encore du niveau d’étude.

Où sont les jeunes diplômés ?

Les sujet des études justement – un thème crucial lorsque l’on parle habituellement d’emploi – est ici totalement éludé. Rapport au fait que l’on se penchera davantage sur le cas de personne ayant subi un accident (du travail ou non) et ayant été contraintes à se réorienter sur le tard. Les personnes interrogées parlent avec force détails de cette stabilité retrouvée grâce à leur nouvel emploi : un emploi qu’ils peuvent faire.

Les aspirations personnelles, indépendantes du handicap, semblent absentes. Et il est effectivement plus facile de se concentrer sur l’emploi dont « on se contente ». Mais les jeunes diplômés en situation de handicap (et il y en a, malgré le manque d’accessibilité de bon nombre de salles de cours) ont aussi des rêves de carrière, des ambitions professionnelles, et ne sauraient se contenter d’être « recasés ». Ces jeunes fraîchement débarqués sur le marché du travail sont les grands absents des médias.

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A propos de Alexandra Caussard

Rédactrice en chef

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