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Eleonore Despax raconte les petits tracas des cabines d’essayage

L’artiste et blogueuse Eléonore Despax raconte en dessins ses mésaventures de shoppeuse et l’enfer des cabines d’essayage pas vraiment handi-friendly…

Nous vous en avions déjà parlé, Eléonore Despax est une jeune dessinatrice drôle et talentueuse qui excelle décidément dans l’art d’illustrer les petites galères quotidiennes des personnes à mobilité réduite. Elle même en fauteuil roulant, l’auteure du blog « Les belles Endormies » revient sur un dessin récent intitulé « Les cabines d’essayages (c’est quand même tout un poème !) » lors d’un entretien avec Cover Dressing.

Teinté d’humour et de légèreté, le blog d’Éléonore Despax ne manque pas de faire sourire ses visiteurs à chaque passage. Et pourtant, la jeune artiste illustre des moments directement inspirés de son quotidien qui peuvent parfois vite devenir agaçants. Malgré cela, la meilleure arme d’Eléonore reste l’humour car pour elle « c’est la meilleure façon de faire passer des messages ». Experte des petites formules rigolotes, qu’elle allie volontiers à ses dessins humoristiques, la jeune femme dresse cette fois-ci la liste de différentes situations parfois très embarrassantes qu’elle a pu vivre en faisant du shopping et notamment au moment d’arriver aux fameuses cabines d’essayage.

Ainsi, il y a selon elle différentes sortes de cabines qui donnent lieu à diverses (mes)aventures. « La trop petite », comme elle l’appelle, implique d’avoir la souplesse d’une gymnaste professionnelle pour pouvoir enfiler un simple pantalon tandis que « la trop squattée par des cartons » dénonce les cabines trop souvent exploitées en tant que débarras dans les boutiques… « La trop squattée par des humains » quant à elle, met en scène la mère de famille venue faire ses achats avec ses enfants en bas âge et qui « emprunte » une cabine « format familial » pour mieux gérer tout ce petit monde.

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Malgré ces petites galères, Éléonore Despax reste très compréhensive et relativise : « La loi impose désormais le respect de normes très strictes et coûteuses aux boutiques, qu’elles sont incapables d’appliquer… alors qu’il existe des solutions simples, comme de demander conseil à une personne à mobilité réduite pour améliorer l’accessibilité de leurs locaux !» déplore-t-elle. « Les dépenses excessives ne sont pas forcément nécessaires au processus d’accessibilité. Par ailleurs, il y a parfois un véritable manque de cohérence dans certaines boutiques qui ont tout pour faciliter l’accès des personnes à mobilité réduite : sonnette, entrée accessible, allées suffisamment larges… mais pas de cabines PMR !« . Ces absurdités, elle les pointe du doigt grâce à son art, le dessin, un excellent vecteur pour conscientiser le plus grand nombre, en toute légèreté, à la situation des personnes handicapées.

Mais il n’y a pas que les défauts d’accessibilité qui génèrent des situations absurdes ; le rapport aux autres inspire aussi l’illustratrice, qui se remémore notamment cette anecdote :

« Je suis plutôt grande et j’ai les épaules très larges. Un jour, alors que je galérais à tenter de fermer un petit haut en 42/44 à cause de mes épaules, j’ai entendu une fille dans la cabine voisine qui pestait d »être passée (oh malheur!) d’une taille 36 à une taille 38 ! Je me suis sentie agacée de ce comportement. Je pense que les gens devraient vraiment apprendre à s’aimer tels qu’ils sont et à apprécier les atouts qu’ils ont. Je me souviens qu’en sortant de la cabine, je n’ai pas pu éviter un échange de regards gênés.  »

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A propos de Sacha Uslu

Etudiante en Communication, de formation littéraire, Sacha est depuis toujours passionnée par l’univers de la mode et intimement convaincue de l’importance du vêtement et du look dans notre société.

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Un commentaire

  1. Super rigolote et tellement vrai !! Dans l’absurde aussi, les miroirs placés en face du rideau (normal, mur plus solide au fond), le manque de patères (déjà gênant lorsqu’on est valide…) ou fixées très haut, à croire qu’il n’y a pas d’enfants dans les cabines (et des fauteuils…), le rideau archi court en largeur (ne supporte pas les lavages), les sols crados…(salissent les chaussettes et les…pneus !!), la barrière filtrante (qui empêche de partir rapidement) qui est aussi coincée par tout un tas de cartons et de portants parce qu’on ne sait pas où les mettre, bien sur !!
    Bravo Eléonore, continuez à nous amuser en dessins et à mettre les doigts dessus !!

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