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« Comme sur des roulettes », l’histoire feel good d’Adda Abdelli

On connaissait Adda Abdelli acteur et scénariste, le voilà également auteur. Après avoir tombé la chemise dans la série Vestiaires,  Adda a décidé tomber le masque pour se raconter dans un livre, Comme sur des roulettes, dans lequel il se met réellement à nu, laissant entrevoir les doutes qui se cachent derrière son sourire enjoleur.

Vous avez sans doute déjà vu sa tignasse bouclée et son sourire franc lors d’une session zapping après le journal télévisé de 20h sur France 2. C’est bien lui Adda Abdelli, le Romy de la série Vestiaires, celui-là même qui dépoussière la vision du handicap à coup de vannes et de blagues, foutant un grand coup de pied aux préjugés. Passionné de théâtre, Adda Abdelli est aussi un auteur de talent, qui se raconte au fil d’anecdotes croustillantes. Portrait.

Bien dans sa tête et sur ses béquilles

« Et si mon handicap était ma plus grande force ?« . Cette phrase, la première que l’on découvre à l’ouverture du livre, est un cri du corps, un cri du cœur que nous offre Adda Abdelli dans son récit autobiographique Comme sur des roulettes. Un nom plutôt rigolo quand on sait que l’acteur n’a été en fauteuil roulant que pendant une très courte période. Dorénavant, c’est en béquilles qu’il avancera, déjouant les regards appuyés et les vannes grossières, s’armant de patience et de courage, secondé par son plus vieil allié : l’humour.

Parce que oui, Comme sur des roulettes est un livre drôle, très drôle même, avec des punchlines bien senties et un certain sens de l’autodérision. D’ailleurs, c’est à l’hôpital qu’Adda a fait ses preuves en matière de blagues  : « J’ai décidément fait beaucoup de découvertes à l’hôpital. Au delà d’y avoir découvert mes jambes, j’y ai découvert l’humour ». Et c’est cet humour qui l’a aidé à avancer, qui lui a permis de se faire des amis et surtout prendre conscience qu’il était un être à part entière : « Une amie me raconta que son fils avait affirmé « Quand je serais grand, je voudrais être comme Adda. » Quoi, ton fils veut être handicapé ? demandai-je à mon amie. Non, il a dit qu’il voulait être aussi drôle que toi »

Depuis, Adda vanne à tout va, ses vieux potes, sa maman, la société, l’école mais surtout lui-même. Il est d’ailleurs devenu sa cible privilégiée, paré contre toute attaque : « J’ai appris à nager avant de savoir marcher. Je ne sais toujours pas marcher d’ailleurs » …

Une vision positive…

A la fin du livre, on constate une chose : Adda est fier de ce qu’il est. Son handicap fait désormais partie de sa personnalité, ancré au plus profond de lui, et ce sont ses galères, ses échecs et son combat qui lui ont permis d’être l’homme qu’il est devenu et de construire une vie qui le comble aujourd’hui. Et s’il avait la possibilité de revenir en arrière, Adda y réfléchirait sans doute à deux fois. « Grâce au numérique et au trucage, dans un épisode, je suis même apparu à l’écran debout, sans béquilles. J’étais évidemment très ému à la vue de ces images. J’ai fait une photo de ce miracle et l’ai envoyée à ma femme. Elle m’a répondu : c’est beau, mais je te préfère quand même avec tes béquilles. »

Cette fierté, on la retrouve aussi dans les mots de sa petite fille, avec qui Adda dialogue pour nous raconter la beauté d’assumer sa différence, d’être aimé pour ce que l’on est. Face à ses questions à la fois très enfantines et très matures, Adda réagit avec beaucoup d’humour, de sensibilité et de tendresse pour lui raconter son handicap, qui devient très vite une force .« Est-ce que tous les handicapés peuvent tomber amoureux Papa ? Oui. Tu sais ce qui compte, c’est de ne pas être handicapé du cœur. »

… avec des failles profondément humaines

Mais Adda ne passe pas son temps à glorifier son handicap, bien au contraire. Il aborde, et ce de façon très honnête, les complexes qu’il a pu avoir et la difficulté du regard des autres.

Tout au long du livre, il aborde la question de la séduction, de son rapport avec les femmes et de ses complexes adolescents : « Quand on est un ado handi, il n’y a pas besoin de boutons d’acné ou d’appareils dentaires pour repousser les filles : les béquilles ou les fauteuils suffisent largement » . Et c’est encore une fois grâce à l’humour – et son sourire ravageur – qu’Adda prend conscience que l’on peut séduire, plaire et aimer quand on a un handicap, et surtout qu’on y a droit, comme n’importe quel être humain sur cette planète.

La notion du corps est aussi très importante, normal pour un acteur handi qui devra dévoiler son corps dans un rôle de nageur. Mais ce qu’on imagine pas forcément, c’est qu’Adda a longtemps complexé quand il devait se mettre en maillot de bain, devenu son uniforme de travail : « Ce n’est pas parce que je me mets en maillot de bain devant tout le monde que c’est facile. Je n’ai pas accepté mon corps et ses blessures, mais je refuse qu’il fasse la loi et me dicte ce que je dois faire ou pas » . Une belle leçon d’humanité, de remise en question et d’acceptation de soi.

Comme sur des roulettes : Et si mon handicap était ma plus grande force ?, Adda Abdelli, éd. Michel Lafon

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