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Cinéma : le road movie The Fundamentals of Caring

Diffusé sur Netflix depuis avril 2016, The Fundamentals of Caring est un road movie regroupant des personnages hétéroclites un peu paumés autour de Trévor, un adolescent tétraplégique partant à la découverte du monde qui l’entoure.

Le pitch

Ce film de Robb Burnett sorti en 2016 s’ouvre sur des extraits de la formation d’aide-soignant que suivie par le personnage de Ben (Paul Rudd). Celui-ci se présente pour un poste chez une femme dont le fils, Trevor (Craig Roberts), est tétraplégique. Le cadre est posé : Ben est un aide soignant sans aucune expérience mais qui veut ce travail. Trévor est un adolescent qui aime provoquer en jouant sur son handicap.

On assiste donc aux débuts de carrière de Ben qui apprend à s’occuper d’une autre personne. La maman de Trévor lui liste toutes les informations nécessaires à la prise en charge de son fils, à l’image d’un commercial qui informerait un client de toutes les caractéristiques du produit. L’aide-soignant et l’adolescent se rapprochent et décident de se lancer dans un road trip des pires parcs d’attractions. Se grefferont ensuite deux jeunes filles livrées à elles-mêmes, dont l’une deviendra le « premier rencard » du jeune homme.

Une histoire de relations humaines

A l’image d’Intouchables ou de Before me, on assiste à une relation où la personne handicapée se retrouve face à une personne que la vie a marqué, quelqu’un d’un peu cassé. Au départ, le seul problème de Trevor est d’être handicapé. On découvre plus tard que l’abandon par son père fait aussi partie de ses cassures. Mais là encore, cet événement est ramené au handicap puisque cela nous est présenté comme la raison de la désertion du père. Le bagage émotionnel de Ben est d’avoir perdu son enfant suite à un accident de la route causé par un moment d’inattention de sa part.

A un moment du film, Ben propose à Trévor d’aller voir en vrai ce qu’il passe son temps à regarder à la télé et à noter sur une carte : les pires attractions des États-Unis. Sur une air d’autoroute, ils rencontrent alors Dot (Selena Gomez), une jeune fille qui est partie de chez elle pour essayer de se trouver « une nouvelle vie » à Denver. Elle arrive avec toute sa franchise et son absence flagrante de pitié. Une des première questions qu’elle pose d’ailleurs à Trévor est de savoir ce qui lui est arrivé et si « sa bite, elle marche ». Plus tard, ils rencontrent Prunelle, jeune femme enceinte en panne au bord de la route. La troupe de personnages aux histoires de vie un peu bancales est au complet pour un road trip à travers les USA.

Un cynisme omniprésent

Le scénario n’est pas particulièrement original mais ce qui permet de rendre le film drôle et les personnages attachants est l’utilisation de l’humour et du cynisme. Là encore rien de très novateur, c’était aussi la technique utilisée par Intouchables pour rendre le handicap drôle et agréable à voir… Et ça marche !

On peut se demander si cette manière de traiter le sujet du handicap n’est pas un peu facile et ne permet pas de cacher un certain malaise de la société face à cette différence qui fait peur. Pour autant, quel que soit le sujet, il existe tout un tas de films où l’humour est la manière de rendre un sujet un peu lourd plus léger.

Le handicap est à tort considéré comme un sujet un peu lourd. Ça ne rend pas moins le film agréable à regarder avec quelques répliques que j’aime particulièrement comme cette phrase de Trevor : « Fauteuil roulant ou pas, peut-être que je suis juste un gros connard ! »

La relation patient/aide-soignant

Je ne connais pas le système américain mais il est évidemment que la formation d’aide-soignant n’est pas la même qu’en France. Six semaines de formations paraîtraient bien ridicules à toutes les personnes qui font ce métier en France. Par contre, j’ai retrouvé le même crédo que l’on entend ici : «soigner avec empathie mais sans émotions ».

Pourtant le film est en contradiction totale avec ce principe : bien sûr qu’il s’agit d’un travail pour Ben et pourtant, on se rend vite compte qu’une relation particulière se crée entre lui et Trévor. En travaillant dans l’aide à la personne, on se doit d’avoir une certaine distance pour pouvoir faire son travail sans se détruire psychologiquement mais cela ne signifie pas pour autant ne pas créer de lien et ne pas ressentir des émotions.

Je suis peut être un peu trop fleur bleue et je me laisse peut être trop toucher par mes émotions quand je regarde un film mais je trouve celui-ci, encore, plaisant. Il n’est pas parfait, plein de clichés, d’humour noir un peu trop classique mais il est joli et je trouve toujours cela bien de voir à l’écran une personne tétraplégique qui a les mêmes préoccupations que n’importe quelle personne.

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A propos de Douce barbare

Je m’appelle Circé, mais mon nom de plume est Douce barbare. Ce nom exprime les contradictions qui font de moi ce que je suis. J'ai 33 ans, une sclérose en plaques et je me déplace en fauteuil roulant. Je suis éducatrice de jeunes enfants de formation, métier que j'ai dû arrêter suite à mes problèmes de santé. Je partage aujourd’hui ma vie entre la pratique de l’handi-escrime à haut niveau et l'écriture d'articles pour mon blog et Cover-Dressing.

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