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Cinéma : 100 mètres, le sport et la sclérose en plaques

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100 mètres, film espagnol de Marcel Barenna sorti en novembre 2016 et visible sur la plateforme Netflix, se penche sur une maladie méconnue : la sclérose en plaques. Il a été sélectionné pour différents prix et a été primé plusieurs fois.

Synopsis

Ramon, le personnage principal est un jeune cadre dynamique de trente trois ans marié à Inna, avec laquelle il a deux enfants, dont un né durant le film. Ramon est un homme qui pense plus à son travail qu’à ses proches, à l’instar de ce repas de famille qu’il passe concentré sur son téléphone à travailler, au lieu de fêter l’anniversaire à son fils.

Un beau matin, il n’arrive plus à parler correctement et a des fourmillements dans les mains. S’ensuit alors une batterie de tests qui aboutiront au diagnostic d’une sclérose en plaques. On suit l’évolution de sa maladie, des séquelles qu’elle lui laisse comme la difficulté à marcher. Le film met en avant le bouleversement psychologique qu’est cette maladie pour Ramon et sa manière de la dépasser par la course et la participation à l’Iron man (le triathlon que fait Julien dans le film « De toutes nos forces »).

Les personnages

Ramon est le héros de cette intrigue mais son histoire est mise en relief par tous les personnages qui l’entourent : sa femme Inna, son fils, son beau-père, les autres malades qu’il rencontre… Effectivement, il est très difficile de vivre un diagnostic de maladie grave et on oublie souvent qu’il n’y a pas que la personne concernée qui est touchée mais également tous ses proches.

Le réalisateur met en perspective ce phénomène en développant les réactions et les souffrances de chacun. Le personnage du beau père est particulièrement charismatique et avec son humour noir, sa franchise brutale, son honnêteté grinçante, il permet de rire face à un sujet qui n’est de prime abord pas particulièrement drôle. La réaction du fils de Ramon qui lui demande si lui aussi, quand il sera grand sera malade, illustre très bien que enfants ou adultes, chacun est touché à son niveau.

Le parcours d’un malade

On est dès le début du film plongé dans le monde médical : on assiste aux rendez-vous médicaux, aux différents tests, à l’annonce du diagnostic. Plus tard, on sera immergé dans l’univers de l’hôpital de jour, un lieu avec sa vie propre, ses règles, ses moments de partage. Toutes les émotions y sont décuplées que ce soit l’angoisse de l’avenir, l’incompréhension face à la maladie, la colère face un corps que l’on ne maîtrise plus.

On assiste aussi à toutes les phases qui suivent un diagnostic : la colère, le déni, la culpabilité. Le réalisateur et les acteurs nous font ressentir à quel point le challenge que se donne Ramon de marcher au moins 100 mètres puis de participer à l’Iron man agit sur lui comme une véritable inspiration, une raison de vivre.

Ce n’est pas une leçon de vie

Ce film n’est pas pour moi une leçon de vie. Il montre seulement à quel point se fixer un objectif quand sa vie se retrouve complètement chamboulée est important et peut être salvateur. Ce film n’est pas juste en tout. L’erreur principal est que la SEP n’est pas une maladie mortelle contrairement à ce que l’on comprend dans l’histoire.

Il peut être difficile pour une personne malade de voir ce film qui est sans concession et peut faire peur. Il n’en reste pas moins qu’il montre très bien l’état émotionnel que va déclencher ce genre de diagnostic, que ce soit pour la personne malade ou ses proches, et le combat de tous les jours que peut être la vie lorsque l’on on ne maîtrise plus son corps.

Mais n’oublions pas qu’aucune maladie, et encore moins la sclérose en plaques, ne peut se résumer à l’histoire d’une personne ou d’un personnage : ce serait une vision bien simpliste d’une maladie que même les médecins ont du mal à cerner et qui peut être radicalement différente d’une personne à l’autre.

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A propos de Douce barbare

Je m’appelle Circé, mais mon nom de plume est Douce barbare. Ce nom exprime les contradictions qui font de moi ce que je suis. J'ai 33 ans, une sclérose en plaques et je me déplace en fauteuil roulant. Je suis éducatrice de jeunes enfants de formation, métier que j'ai dû arrêter suite à mes problèmes de santé. Je partage aujourd’hui ma vie entre la pratique de l’handi-escrime à haut niveau et l'écriture d'articles pour mon blog et Cover-Dressing.

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